Le début de l’année est souvent considéré comme une période de nouveau départ. Résolutions du Nouvel An, vision boards, motivation retrouvée… autant de manières très proactives et avant-gardistes de commencer le mois de janvier. Et pourtant, lorsque février arrive, de nombreuses personnes se sentent déprimées, démotivées ou épuisées.
Il y a même un jour en janvier connu sous le nom de Jour du Quitter, le troisième vendredi du mois où la plupart des résolutions sont abandonnées. Alors, si février est arrivé et que votre énergie n’est toujours pas là, sachez ceci : rien ne s’est mal passé.
Après l’agitation et l’intensité de Noël, la socialisation, la charge émotionnelle, les routines perturbées et la constante faire le corps entre souvent dans la nouvelle année déjà épuisé. Physiquement, mentalement et émotionnellement, le système nerveux fonctionne à vide. Vouloir ralentir n’est pas un manque de discipline. C’est un système nerveux qui demande des soins.
Combattre ou fuir vs se reposer et digérer
Notre système nerveux a deux modes principaux. Le système nerveux sympathique est notre réponse de combat ou de fuite. C’est essentiel et incroyablement utile sur de courtes périodes, pour nous aider à respecter les délais, à jongler avec les responsabilités, à faire de l’exercice et à résoudre des problèmes.
Le système nerveux parasympathique est notre état de repos et de digestion. C’est là que se produisent la guérison, la réparation, la digestion, l’équilibre hormonal et la récupération profonde. Le problème que je vois si souvent en clinique est que beaucoup d’entre nous, en particulier les femmes, vivons presque en permanence dans la lutte ou la fuite. Le déroulement de l’école, les horaires de travail, les rôles de soins, l’exercice, les engagements sociaux… même le repos devient quelque chose à planifier et à optimiser. Au fil du temps, cette activation constante entraîne de la fatigue, des douleurs, un mauvais sommeil, des problèmes digestifs et un bouleversement émotionnel.
Pourquoi février est toujours difficile
En tant qu’ostéopathe, je ne considère pas le corps comme quelque chose qui bouge en lignes droites. Le corps bouge selon des cycles. Décembre est intense. Janvier exige souvent du dynamisme. Et février ? En février, le système nerveux dit enfin : je dois faire une pause. Cela ne veut pas dire que vous êtes en retard, cela signifie que votre corps rattrape son retard.
En hiver, le corps se tourne naturellement vers l’intérieur. Les muscles sont plus tendus, l’énergie est moindre et le système nerveux recherche sécurité et chaleur. La nature nous le montre clairement : les arbres sont nus, les animaux se reposent, les journées sont plus courtes et le rythme est plus lent. Il est sage d’honorer cette saison plutôt que de la combattre.
Lorsque nous accordons un espace de repos, le système nerveux parasympathique a la possibilité de se remettre en ligne et c’est alors que la véritable guérison commence.
Pourquoi les étirements seuls ne suffisent pas
Les étirements peuvent être utiles, mais ils ne constituent souvent pas la solution complète. Si votre système nerveux est coincé en combat ou en fuite, les muscles restent protégés, peu importe l’étirement que vous faites. La véritable libération ne vient pas du fait de forcer le corps à se détendre, mais d’aider le système nerveux à se sentir suffisamment en sécurité pour lâcher prise.
L’ostéopathie travaille avec le corps dans sa globalité. Des techniques pratiques douces, une conscience de la respiration et des mouvements rythmés aident à calmer le système nerveux, à améliorer la circulation et à rétablir l’équilibre. Lorsque le système nerveux s’apaise, le corps suit.
Des moyens pratiques pour activer votre système nerveux parasympathique
Pour de nombreuses personnes, un repos complet n’est pas toujours réaliste. Ce sont des moyens simples et pratiques de soutenir votre système nerveux tout au long de la journée.
1. Marcher doucement dans la nature
Une marche lente dans un parc ou un espace vert est incroyablement régulatrice. Les sons naturels, notamment le chant des oiseaux, envoient un signal de sécurité au système nerveux. Les oiseaux ne chantent que lorsqu’ils sont en sécurité et votre corps réagit instinctivement à ce signal.
2. Se gargariser
Le gargarisme stimule les muscles connectés au nerf vague. J’aime l’eau tiède salée en fin de journée simple, efficace et apaisante.
3. Respiration structurée
La respiration en boîte est l’une de mes préférées : inspirez pendant 4, maintenez pendant 4, expirez pendant 4, maintenez pendant 4. Elle est facile à retenir et peut être pratiquée n’importe où pour vous sortir doucement du combat ou de la fuite.
4. Fredonner ou chanter
La vibration du bourdonnement ou du chant stimule le nerf vague et favorise la relaxation. Aucune performance requise, votre système nerveux ne se soucie pas de la façon dont cela sonne.
5. Chaleur
La chaleur est profondément régulatrice. Des bains chauds, des bouillottes, des couches douillettes ou même le fait de placer une main chaude sur votre poitrine peuvent signaler la sécurité du système nerveux. C’est mon incontournable de l’hiver – mon câlin à mon système nerveux !
6. Ralentir les transitions
Se précipiter d’une tâche à l’autre maintient le système nerveux activé. Même en prenant 30 secondes entre les activités, qu’il s’agisse d’une pause, d’une respiration, d’un étirement, cela aide le corps à se réinitialiser.
7. Toucher doux
Un auto-massage léger, placer une main sur votre ventre ou votre cœur ou suivre un traitement ostéopathique peut aider le système nerveux à se sentir soutenu et ancré.
Un mot de ma part, en tant qu’ostéopathe
Février ne consiste pas à pousser plus fort. Il s’agit d’écouter plus attentivement.
Si votre corps demande des mouvements plus doux, des nuits plus précoces, plus de chaleur et moins d’exigences, ce n’est pas une faiblesse. C’est la réglementation. Lorsque nous travaillons avec le système nerveux plutôt que contre lui, l’énergie revient naturellement. La motivation se reconstruit. La douleur s’adoucit. Le sommeil s’améliore.
Alors laissez février être un mois de compassion plutôt que de correction. De petits moments de sécurité cohérents s’additionnent. Votre système nerveux n’a pas besoin de perfection, il a besoin de gentillesse.
Et à partir de là, tout le reste suit.



