Donald Trump a révélé qu’il prévoyait de discuter de « tout » avec le roi lors de la prochaine visite d’État royale, alors que les tensions entre les États-Unis et le Royaume-Uni continuent de couver dans les coulisses.
S’adressant à Reuters avant ce voyage très attendu, le président américain a confirmé qu’un large éventail de questions seront sur la table lors de sa rencontre avec le roi Charles III, notamment le conflit iranien en cours, qui met à rude épreuve les relations transatlantiques.
« Je vais parler de tout », a déclaré M. Trump, annonçant ce qui pourrait être un échange franc et approfondi entre les deux dirigeants.
Le roi et la reine Camilla devraient arriver aux États-Unis pour une visite d’État de quatre jours marquant le 250e anniversaire de l’indépendance américaine vis-à-vis de la Grande-Bretagne.
Au cours de leur visite, le couple royal assistera à un banquet à la Maison Blanche en tant qu’invité d’honneur, le monarque étant également invité à prendre la parole lors d’une réunion conjointe du Congrès américain. Leur itinéraire comprendra des escales en Virginie et à New York, soulignant l’importance du voyage pour le renforcement des liens entre les deux nations.
Cependant, cette visite intervient à un moment d’incertitude mondiale accrue. M. Trump a indiqué qu’il avait l’intention d’évoquer la guerre en Iran, un point chaud qui a révélé les divisions entre alliés, ainsi que la question de l’OTAN, qu’il a critiquée à plusieurs reprises tout au long du conflit.
Les tensions ont été encore exacerbées par les remarques du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, qui a qualifié de « stupides » les efforts du Royaume-Uni et de la France pour sécuriser le détroit d’Ormuz, appelant les alliés européens à prendre des mesures plus directes. Cette voie navigable stratégiquement vitale reste une préoccupation majeure après que les mesures de représailles de l’Iran ont effectivement interrompu le transport maritime, déclenchant une crise énergétique mondiale et faisant monter les prix en flèche.
Même si un cessez-le-feu précaire est en place, la situation reste volatile, les deux parties maintenant des blocus et des efforts diplomatiques se poursuivant en coulisses.
Au-delà des préoccupations sécuritaires, les tensions économiques devraient également figurer en bonne place dans les discussions. M. Trump a annoncé qu’il augmenterait la taxe britannique sur les services numériques, un prélèvement de 2 % sur les grandes entreprises technologiques américaines qui est devenu un point de discorde entre les deux pays. Il a déjà menacé d’imposer un « gros tarif » à la Grande-Bretagne à moins qu’elle ne supprime la taxe, qui a permis de récolter plus de 800 millions de livres sterling au cours de l’exercice 2024-2025.
À la tension s’ajoutent des informations selon lesquelles les États-Unis pourraient revoir leur position sur la revendication britannique sur les îles Falkland, une décision considérée comme une tactique de pression potentielle liée aux désaccords sur l’action militaire en Iran.
Malgré les tensions, M. Trump a adopté un ton plus conciliant en parlant du roi personnellement, le décrivant comme un « grand homme » et suggérant que la visite pourrait « absolument » aider à améliorer les relations entre les deux pays. Cela contraste avec ses critiques à l’égard du Premier ministre britannique Sir Keir Starmer, qu’il a qualifié de faible et d’indécis.
Dans les coulisses, les efforts diplomatiques visant à atténuer la crise iranienne se poursuivent, avec des envoyés américains envoyés au Pakistan dans le but d’ouvrir des canaux de communication. Même si aucune négociation directe entre les États-Unis et l’Iran n’est actuellement prévue, les responsables ont exprimé un optimisme prudent quant à la possibilité de progrès.




